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INFECTIONS BENIGNES À VIRUS DU PAPILLOME HUMAIN

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Direc­tives de pra­tique cli­nique de la SOGC/GOC/SCC (1997) – MAJ 2011
Auteur prin­ci­pal : Michel Roy, MD, FRCSC Qué­bec (Qc)

L’in­fec­tion des voies géni­tales due au virus du papil­lome humain (VPH) est une maladie/infection trans­mis­sible sexuel­le­ment (MTS/IST). Il existe dif­fé­rents sous-types du VPH, qui peuvent cau­ser dif­fé­rents types de lésions. À titre d’exemple, les sous-types à faible risque (VPH-ADN 6–11, etc.) peuvent cau­ser la for­ma­tion de lésions bénignes, telles que des condy­lomes acu­mi­nés et des lésions intra-épi­thé­liales de bas grade (LIBG). À l’op­po­sé, les types viraux à risque éle­vé (VPH-ADN 16–18, etc.) sont à l’o­ri­gine du can­cer et des lésions intra-épi­thé­liales graves (LIGE).
La pré­sente direc­tive porte prin­ci­pa­le­ment sur les infec­tions à VPH bénignes.

Les infec­tions géni­tales à VPH se mani­festent sous Quatre formes :

  1. les condy­lomes acu­mi­nés (CA) ou ver­rues exo­phy­tiques qui pré­sentent des signes cli­niques mani­festes. Ces lésions bour­geon­nantes, uniques ou mul­tiples, rosées ou gri­sâtres sont plus ou moins pédi­cu­lées (c’est-à-dire repo­sant sur une sorte de pied), loca­li­sées ou disséminées.
  2. Les condy­lomes papu­leux consis­tant en des papules mul­tiples, rosées ou de cou­leur de peau nor­male, à sur­face lisse, iso­lées ou en nappe
  3. L’in­fec­tion sub­cli­nique avec des condy­lomes plans qui sont des macules rouges ou rosées de la muqueuse anale, qui ne sont visibles sou­vent qu’a­près appli­ca­tion d’a­cide acé­tique à 5% et exa­men à la loupe ou au colposcope
  4. l’in­fec­tion latente, iden­ti­fiée par des ana­lyses de bio­lo­gie molé­cu­laire (VPH-ADN)

.Le risque de conta­mi­na­tion après un seul contact sexuel conta­mi­nant est de l’ordre de 60 à 70%. Les mani­fes­ta­tions cli­niques appa­raissent 3 à 6 mois après l’in­fec­tion ini­tiale, mais le virus peut éga­le­ment res­ter à l’é­tat latent, c’est-à-dire endor­mi, pen­dant plu­sieurs mois, voire des années.

BMJ octobre 2011
Cette étude obser­va­tion­nelle per­met de conclure à une qua­si-dis­pa­ri­tion des ver­rues géni­tales chez les femmes vac­ci­nées et les hommes de moins de 21 ans, 4 ans après le début de la vac­ci­na­tion contre les papil­lo­ma­vi­rus de type 6, 11, 16 et 18.
Les auteurs remarquent tou­te­fois que les homo­sexuels hommes, dont le risque de can­cer anal est au moins égal à celui de can­cer du col de l’utérus pour les femmes, ne béné­fi­cient pas de cette avancée.
[Lire]

DIAGNOSTIC, TRAITEMENT :
L’évolution natu­relle des condy­lomes est variable : dis­pa­ri­tion spon­ta­née en quelques semaines ou pro­li­fé­ra­tion sur des années abou­tis­sant à des for­ma­tions tumo­rales sur­in­fec­tées et dégé­né­rées. Une constante semble carac­té­ri­ser les condy­lomes : leur pro­pen­sion à réci­di­ver dans les semaines qui suivent leur destruction.
En pra­tique les réci­dives cessent quand le malade est immu­ni­sé contre le virus. Cette immu­ni­sa­tion serait faci­li­tée par la des­truc­tion de toutes les lésions macroscopiques.

Recom­man­da­tions des Cen­ters for Disease Control (CDC – Morb. Mor­tal. Wkly Rep, 1998 ; 47 n°RR‑1)

  • Cryo­thé­ra­pie : condy­lomes externes. Pas de contre-indication
  • Acide tri­chlor­acé­tique 50% : condy­lomes externes cuta­néo-muqueux. Pas de contre-indication
  • Podo­phy­loo­toxine à 0,5% : CONDYLINE® . Condy­lomes externes cuta­néo-muqueux de sur­face infé­rieure à 4 cm². Trai­te­ment contre-indi­qué pen­dant la grossesse.
  • Pom­made au 5‑FU (EFUDIX©) Condy­lomes intra-uré­traux et vagi­naux et en trai­te­ment adju­vant après des­truc­tion phy­sique. CI pen­dant la grossesse.
  • Imi­qui­mod (Ala­da­ra ®)
  • Laser CO2 consi­dé­ré par de nom­breux auteurs comme le meilleur trai­te­ment. Pas de contre indication.

Papil­lo­ma­vi­rus et condy­lomes géni­taux Infor­ma­tion des patients (Euro­pean Course on HPVAs­so­cia­ted Patho­lo­gy ‑gyne­web)

Source : « gyné­co­lo­gie obs­té­trique fran­co­phone » :gynelist@www.jimagine.fr
A pro­pos des lésions cer­vi­cales à HPV onco­gènes posi­tifs : nous sommes déçus du « ren­de­ment » de l’exa­men péni­sco­pique pra­ti­qué sys­té­ma­ti­que­ment par le der­ma­to­logue consul­tant ; l’ac­tion abra­sive de l’hy­giène quo­ti­dienne doit être pour quelque chose dans l’i­né­ga­li­té homme-femme vis-à-vis du HPV.
D’a­près les études consul­tées par notre der­ma­to­logue il sem­ble­rait que la recherche du HPV dans le sperme serait beau­coup plus sou­vent et logi­que­ment posi­tive dans les cas de décou­verte du virus chez la femme..…bon…peut-être, mais cela chan­ge­ra-t-il nos attitudes ?
Je crois qu’il nous reste la sur­veillance cer­vi­cale plus fréquente.

Cepen­dant le fait de s’oc­cu­per de l’homme ne me semble pas vain car nous pra­ti­quons une séro­lo­gie HIV, hépa­tite B et C etc..et par là peut-être sommes- nous utiles ?
Dr Paul Tolck
Serv. de Gyn.-Obst. Hôp.
La Chaux-de-Fonds. Suisse romande.

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